• Haut-de-France : Le numérique au service de l’e-inclusion

    Les technologies numériques investissent toutes les sphères de la vie sociale, scolaire et professionnelle : ouverture d’un compte en banque, demande de logement social, cours en ligne, travail à distance et même télémédecine. Partant de ce constat, le projet INDI s’appuie sur de nombreuses actions concrètes afin de réduire la fracture numérique. Il prend notamment appui sur les espaces publics numériques (EPN). « Les EPN sont des lieux de contact de proximité par excellence. Chacun peut y avoir recours au coin de la rue. C’est un atout majeur pour une inclusion de proximité », précise Marc Witczak, Directeur du Pôle IEM Artois et du C-RNT APF. Une autre action phare est par exemple « HandiAdvisor », qui permet aux personnes en situation de handicap d’évaluer de manière collaborative l’accessibilité des produits et des services du quotidien, comme une interface braille, un téléphone portable ou encore un site de e-commerce.

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    Le projet INDI bénéficie du soutien de l’Union européenne et de l’Agence du Numérique. Il compte neuf partenaires, l’IEM APF de Liévin, l’APEI d’Hazebrouck, Centrale Lille, ENEDIS, l’ISEN-Yncréa, SourdMédia, l’Université de Lille, Voir Ensemble  (service Remora) et Urbilog.

    Rendez-vous sur le site http://projet-indi.fr/

  • « Le virage de la prévention est à prendre dès aujourd’hui »

    1. Emmanuel Macron déclarait dans une interview accordée à notre revue Perspectives sanitaires et sociales dans le numéro de mars 2017 consacrée à l’élection présidentielle qu’il fallait conduire la révolution de la prévention. Comment procéder? Est-ce un objectif qui vous semble atteignable pour le quinquennat ?

    Le virage de la prévention est en tout cas à prendre dès aujourd’hui car la France est très en retard. Il suppose bien sûr une meilleure information des patients, mais aussi des changements. Certains peuvent être lancés dès maintenant. C’est ce que nous faisons avec le service sanitaire, qui sera généralisé dès la rentrée 2018 et permettra à 47 000 étudiants en santé de promouvoir de meilleures pratiques auprès de leurs concitoyens. D’autres mesures nécessitent que nous consultions en amont ceux qui en seront les acteurs. Je pense ici à la transformation de notre système de santé, qui incitera les professionnels à placer la prévention au cœur de l’accompagnement des patients – y compris parce qu’elle fera partie des actes tarifés. L’engagement de tous les acteurs qui porteront la prévention est une nécessité absolue, mais les changements culturels sont aussi déterminants.

     

    2. La stratégie nationale de santé, adoptée en fin d’année, met en avant plusieurs axes, notamment celui pour une politique de promotion de la santé incluant la prévention, dans tous les milieux et tout au long de la vie. Quels facteurs de réussite identifiez-vous pour parvenir à cet objectif ambitieux ?
    Il n’y aura pas de meilleure prévention si nous ne permettons pas aux Français d’être mieux informés sur les comportements favorables à une bonne santé. Ce sont les 1 000 premiers jours qui sont les plus déterminants pour intégrer les bonnes pratiques. Il nous faut travailler systématiquement avec les structures éducatives.
    Par ailleurs, la prévention suppose de prendre en compte une grande diversité des enjeux aux différents âges de la vie : addictions, santé sexuelle, alimentation, perte d’autonomie…Cet objectif dépasse le seul champ de mon ministère, ou plutôt, il imprègne les autres : prévention et promotion de la santé doivent être des préoccupations de tous les milieux de vie, y compris au travail, dans les entreprises, à l’école... J’ai par exemple demandé, avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, une mission d’évaluation de la santé au travail pour prendre les mesures qui s’imposent à ce sujet. Mon objectif, c’est de donner à chacun les moyens de prendre ses responsabilités – y compris pour mettre fin à certaines pratiques. Le soutien des démarches d’accompagnement à l’arrêt me semble à ce titre essentiel, et doit s’ancrer dans des parcours de santé individuels, adaptés et accessibles.

     

    3. Dans le cadre de l’élaboration de cette stratégie, vous avez lancé une large concertation auprès des professionnels, des associations et des usagers. Quels enseignements en avez-vous tiré ? Est-ce que la prévention est au cœur de leurs préoccupations et de leurs pratiques ?
    Cette consultation a montré la forte adhésion des Français, à la fois à la stratégie et au processus de consultation en lui-même. Près de 5 000 personnes ont participé. Parmi elles, 61% se disent favorables à la mise en place d’une politique de prévention et de promotion de la santé, « dans tous les milieux et tout au long de la vie ». Pour la moitié des répondants, la politique de prévention doit être un objectif du gouvernement. Cela témoigne d’un attachement à un pilotage par l’Etat et à ce que cette ambition se traduise par des mesures concrètes.

     

    4. Comment comptez-vous procéder pour inciter les structures et leurs professionnels à faire davantage de prévention auprès des publics qu’ils accueillent ?
    Pour que le virage de la prévention soit pris, intégré et défendu, il faut que tous les professionnels de santé soient convaincus de sa pertinence et armés des bons outils. C’est pour cela que l’extension de l’obligation vaccinale a été accompagnée de la production de documents destinés spécifiquement aux professionnels de santé. Leur formation est également essentielle. Ce sont dès les premières années que les futurs médecins ou infirmiers doivent être sensibilisés aux enjeux de la prévention et à ses exigences. C’est là tout l’intérêt du service sanitaire, qui permettra de faire des étudiants des ambassadeurs de la prévention sur tout le territoire. Plus ils auront conscience tôt de l’importance de la prévention, plus ils la placeront au cœur de leur relation avec le patient.
    Progressivement, nous allons installer un mouvement en faveur de la prévention dont je suis convaincue que les établissements ne voudront pas rester spectateurs. Nous leur offrirons des outils pédagogiques adaptés qui leur permettront d’être des acteurs engagés et efficaces. Je sais que je peux compter sur eux.

  • Vivoptim : un programme de santé connectée pour déjouer les risques cardio-vasculaires

    1,4 Million de nouveaux cas d’affection de longue durée (ALD) en 2015, et 17% de la population française prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie Obligatoire. Mais aussi 3.3 Millions de personnes touchées par les maladies cardiovasculaires en France en 2015. Et si les nouvelles technologies pouvaient prévenir le risque cardiovasculaire et améliorer l’accès à la santé en apportant plus de proximité, de liberté et d’autonomie aux usagers ?
    C’est le pari lancé par le groupe MGEN avec l’expérimentation de son programme ambitieux, Vivoptim. Car pour MGEN, les grands messages de prévention ne suffisent plus. Ile est intimement convaincu que la santé connectée peut se révéler être une aide précieuse pour l’accompagnement et le soutien de ses adhérents et de leurs aidants.


    Une approche cross-canal


    Vivoptim est lancé en novembre 2015 aux adhérents et salariés du groupe, des régions Occitanie et Bourgogne-Franche-Comté, âgés de 30 à 70 ans.
    Ce programme s’inscrit ainsi dans une double ambition, intégrer les nouveaux usages en santé offerts par les nouvelles technologies pour apporter une valeur ajoutée supplémentaire à ses adhérents à travers un programme de prévention personnalisée des risques de santé et contribuer à la gestion du risque santé.
    Qu’il s’agisse de diététique, d’activité physique adaptée, de gestion du stress ou des troubles du sommeil, Vivoptim facilite l’expérimentation de nouvelles pratiques de vie en vue de prévenir tout risque de santé futur mais aussi mieux gérer la maladie et éviter les complications qui lui sont liées.

    Décrit comme un « véritable coach santé au quotidien », le programme propose gratuitement, via une plateforme numérique sécurisée ainsi qu’une plateforme médicalisée, une palette de services : sensibilisation au risque, évaluation du profil de risque cardiovasculaire, coaching personnalisé en ligne encadré par des professionnels de santé, suivi interactif des données de santé, etc…

    Sur la base du profil de risque cardiovasculaire, de la motivation de la personne à modifier son hygiène de vie ainsi que la définition d’un objectif santé cible, un plan personnalisé de prévention est mis en œuvre pour garantir la qualité et la pérennité de la prise en charge globale ainsi qu’une meilleure maîtrise à moyen et long terme des dépenses de santé.

     

    Un programme qui suscite l’adhésion

    Le bilan intermédiaire à un an se révèle positif, à la fois en termes d’intérêt des adhérents, de leurs besoins d’accompagnement et d’efficacité sur leur état de santé (voir encadré).
    Le pilote a rempli sa fonction et a permis d’identifier un certain nombre de leviers d’optimisation qu’il s’agisse de l’inclusion des adhérents dans le programme, la stratification du risque, des parcours d’accompagnement proposés, ou de ses coûts de fonctionnement. La généralisation de Vivoptim à l’ensemble de ses adhérents du territoire devrait intervenir au cours du premier semestre 2018. Le programme sera également expérimenté en Belgique francophone par une autre mutuelle.

    Encadré Des résultats prometteurs
    • 13 860 adhérents intéressés dont 8 383 inscrits et participant au programme
    • 87% des répondants au questionnaire web de l’évaluation socio-organisationnelle jugent le programme intéressant, 76% le considèrent motivant et 87% utile
    • Des effets significatifs sur la baisse de la tension artérielle ou la consommation de cigarettes, la perte de poids et la baisse du LDL-cholestérol

     

    Par Elise Perrot, Responsable des publications

  • La meilleure prévention est celle qui va prolonger l'espérance de vie

     1. Agnès Buzyn a dévoilé sa stratégie nationale de santé, dans laquelle la prévention représente un axe fort. Comment la Mutualité Française, en tant qu’assureur de santé et offreur de soins, s’empare de ce sujet ?

    La prévention fait partie de l’ADN de la Mutualité Française depuis toujours, bien avant la stratégie nationale de santé 2018-2022. Nous sommes ravis que la Ministre de la Santé et le gouvernement souhaitent remettre la prévention au cœur des politiques de santé. Ce consensus nous convient bien. Toutefois, nous resterons attentifs à leur concrétisation.

    La prévention fait partie de l’ADN de la Mutualité Française depuis toujours

     

     

    La prévention est une mission que les mutuelles confient à la Mutualité Française. Elle est une des raisons d’exister du mouvement mutualiste dans sa forme fédérale. Notre organisation territoriale s’appuie sur des unions régionales qui déclinent des programmes de prévention sur les territoires, grâce à l’action de collaborateurs spécialistes de l’ingénierie de ces programmes. Ils travaillent en lien étroit avec les Agences régionales de santé (ARS) et nos partenaires : mouvements associatifs, centres sociaux-culturels, centres communaux d’action sociale (CCAS), caisses de sécurité sociale… En 2017, nous avons développé près de 7500 actions de prévention sur l’ensemble du territoire.

     En 2017, nous avons développé près de 7500 actions de prévention sur l’ensemble du territoire.

     

     

    La prévention en Mutualité concerne aussi les établissements que nous gérons. Nous sommes présents sur toute la chaine, du sanitaire au médico-social, dans les centres de santé, les centres dentaires, les pharmacies et jusqu’au domicile des patients (via notamment, l’hospitalisation à domicile).

    Par ailleurs, l’assurance santé devient de plus en plus collective à travers les contrats d’entreprise, et nous développons de fait nos relations avec les employeurs, les ressources humaines, les partenaires sociaux. Le travail sur les garanties de ces contrats collectifs concerne beaucoup la prévention, sur les sujets de santé au travail mais aussi sur toutes les questions qui touchent à la transition démographique, aux aidants et à leur conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Ce sont des problématiques qui nous mobilisent fortement.


    2. Comment renforcer la prévention pour tous, y compris les plus vulnérables ?

    Nous développons l’accès aux droits et aux soins pour tous, et travaillons en ce sens avec différentes associations, comme le Secours populaire ou ATD Quart Monde. Sur certains territoires, nos centres de santé sont souvent une des rares réponses. Dans l’ensemble de notre offre de soins, y compris dans nos centres de santé, nous sommes attachés à pratiquer les tarifs opposables sans dépassement d’honoraires pour en garantir l’accessibilité au plus grand nombre.

    À travers nos programmes de prévention, nous touchons toutes les populations. Notre présence sur le territoire est très large. La perte d’autonomie liée au vieillissement devient une de nos priorités, et représente près de 40% de nos actions de prévention. C’est un public parmi les plus vulnérables qui présente des enjeux de prévention sévères, non seulement autour de l’autonomie mais aussi des poly pathologies. Les conférences des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées, mises en place par la loi d’adaptation de la société au vieillissement, sont des lieux de décloisonnement des politiques de prévention.

     

    3. Faire plus de prévention représenterait des économies importantes pour notre système de protection sociale. Est-ce avéré ?

    La question « qu’est-ce que rapporte la prévention » est un sujet complexe. Nous sommes bien sûr convaincus qu’il est utile de faire de la prévention. Mais pour nous, le premier bénéfice, c’est d’abord celui de la qualité de vie. Ce que tout un chacun attend d’un système de santé, c’est d’éviter d’être malade. Notre responsabilité vis-à-vis de nos adhérents, ce n’est pas seulement de bien les rembourser, ou de bien les soigner lorsqu’ils viennent dans nos structures de soins, mais c’est aussi de faire en sorte de les accompagner pour préserver leur santé et leur autonomie le plus longtemps possible.

    J’écarte une approche comptable de la prévention qui me semble trop réductrice. Il ne s’agit pas simplement d’une question d’intérêt économique. Il est évident que l’éducation à la santé peut avoir un bénéfice pour celle-ci, que l’on doit pouvoir mesurer et chiffrer, même si ce n’est pas aisé. Mais il est important de sortir du discours « prouvons les économies d’une démarche préventive » avant de mettre en place des programmes de prévention. Tout d’abord, la prévention est d’autant plus utile qu’elle s’adresse à des publics éloignés de ces messages. Toutes les études montrent que plus le niveau socio-culturel est élevé, plus il y a une maturité pour comprendre et appliquer les messages de prévention. Ce qui nous importe, à la Mutualité Française, c’est de faire de la prévention pour tout le monde, y compris pour les victimes des inégalités sociales de santé.

    De plus, la meilleure prévention est celle qui va prolonger l’espérance de vie. Or, les dépenses de santé explosent à partir de 70 ans. Plus nous ferons de la prévention, plus l’espérance de vie s’allonge, et plus, pour donner un exemple, les dépenses de santé liées aux poly pathologies risquent d’augmenter. Est-ce un problème ? Devons-nous pour autant arrêter de faire de la prévention sous prétexte que cela ne rapporte rien ? Evitons une approche trop comptable et voire cynique. Il faut faire de la prévention parce que c’est ce que nous demandent nos adhérents, ce pourquoi nous militons pour notre système de santé.

     

    4. La FEHAP a porté des propositions dans le cadre de la stratégie nationale de santé dont plusieurs suggèrent la mise en place d’un sous-ONDAM intitulé « Prévention et programmes d’investissement en santé publique ». Qu’en pensez-vous ?

    Nous partageons avec la FEHAP l’idée de rendre plus lisibles les dépenses de prévention. Il faut que notre système de santé progresse sur la visibilité des dépenses réelles de prévention. La Mutualité Française et la FEHAP sont en train de poser le cadre d’un renforcement de leur travail en commun, il est important que nous travaillions ensemble autour de la prévention.

     

    5. On parle beaucoup et on fait beaucoup de prévention depuis longtemps, pour vous est-ce qu’il y a une nouvelle impulsion qui se lance ?

    Ce gouvernement est là depuis peu de temps, l’heure du bilan n’est pas encore venue. Cependant, il y a eu des mesures plutôt courageuses, qui bien que n’étant pas toujours extrêmement populaires, vont dans le bon sens. Je pense par exemple à l’extension de la couverture vaccinale.

    Dans notre société où les croyances, les non-dits, ce qu’on lit sur les réseaux sociaux remplacent souvent la connaissance, il est important de garder en tête que la vaccination est le premier instrument de prévention, un instrument pour éviter d’être malade. Pourtant, elle fait débat. Cette mesure, est avant tout solidaire : en se vaccinant, ce n’est pas seulement soi-même qu’on protège, mais aussi les publics les plus vulnérables, les personnes âgées, les nouveau-nés, les malades dans les hôpitaux[1] . De la même manière, l’augmentation du prix du tabac est une bonne mesure que nous soutenons. La ministre a incontestablement envoyé un certain nombre de signaux de prévention.

    Pour traduire les priorités énoncées par la stratégie nationale de santé, il est important de mieux coordonner les actions de prévention

     

     

    Nous pensons que pour traduire les priorités énoncées par la stratégie nationale de santé, il est important de mieux coordonner les actions de prévention menées à la fois dans les établissements de santé et par les professionnels de santé, les institutionnels, les assureurs et notamment les mutuelles. Il est nécessaire pour les acteurs d’avoir une approche territoriale, et d’améliorer leur coordination et leur complémentarité. Les Agences régionales de santé (ARS) sont en général très investies sur la prévention, il y a des liens à construire. La conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées, déjà mentionnée, est une bonne illustration. Elle pourrait s’étendre demain à toute la prévention, afin que dans chaque département, tous les acteurs de la prévention puissent faire connaissance, identifient leurs missions respectives et apprennent à travailler ensemble.

  • Les « biens communs » pour penser les changements à l’œuvre

    Jean-Louis Bancel est intervenu en ouverture de l’Université de printemps pour nous questionner sur la possible ouverture de l’économie sociale et solidaire aux biens mis en commun. Retour sur cette intervention qui avait vocation à ouvrir de nouveaux horizons.

    Propos recueillis par Elise Perrot, Responsable des publications

    « Apporter de la conscience à la science ». Avec cette expression empruntée à Rabelais, Jean-Louis Bancel a donné la tonalité de son propos en guise d’ouverture de cette 8ème Université de Printemps. Son regard complémentaire a permis d’ouvrir cette nouvelle thématique sur un concept assez large, celui des biens communs.

    La fin d’un cycle ?

    En premier lieu, Jean-Louis Bancel a souhaité évoquer la période électorale, particulièrement propice au changement « c’est le bon moment pour se poser des questions sur l’action que nous souhaitons proposer, poser, pour l’avenir, pour, disons, les cinq prochaines années à venir et les futurs pouvoirs publics ».

    Selon lui, le quinquennat qui s’achève a prouvé combien les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont vecteurs de nouvelles lignes directrices. En effet, la loi sur l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014 a contribué à ouvrir de nouvelles problématiques, en particulier sur la question des financements.

    Jean-Louis Bancel a souligné l’importance pour notre secteur de « fabriquer des utopies »qui sont « des boussoles, des objectifs, des manières de voir le monde ». Ainsi, la loi dite Hamon sur l’économie sociale et solidaire, n’est pas une fin en soi, mais bien la fin d’un cycle, qui invite le secteur à se réinventer, à réengager une nouvelle étape pour fabriquer de nouvelles utopies pour la société.

    Cette nouvelle étape est d’autant plus cruciale que le concept d’économie sociale et solidaire est challengé par celui de l’entreprenariat social et subit l’érosion de l’intervention de l’Etat. Par ailleurs, les défis qui se posent à la Nation, notamment la crise identitaire européenne et la place des territoires dans un pays marqué par le jacobinisme, sont autant d’enjeux, y compris pour l’économie sociale et solidaire.

    Les biens de mainmorte

    Dès le 19ème siècle, les mouvements associatifs et mutualistes se sont définis comme « acapitalistiques ».

    Une des caractéristiques essentielles de l’économie sociale et solidaire est la non-lucrativité : la non-appropriation individuelle par les membres des résultats de la structure, l’accumulation sous forme de réserves impartageables[1].

    Cette accumulation de richesses, destinée à servir la structure de l’économie sociale et solidaire pourrait conduire à qualifier ces réserves de « biens de main morte ». Ce concept a  joué un rôle clé du point de vue historique, mais mérite d’être requestionné avec la remise en cause du concept de la non-lucrativité et l’émergence du modèle de l’entreprise sociale, qui a suscité des oppositions fortes de la part de l’économie sociale et solidaire « statutaire » et de vives craintes comme la banalisation du secteur vis-à-vis du secteur commercial.   

    Pour Jean-Louis Bancel, la solution qui offre un nouvel horizon à l’économie sociale et solidaire est celle de s’intéresser aux biens communs.

    Les biens communs

    La question des communs est un vaste univers pour les spécialistes.

    En économie, les biens communs ou biens publics impurs correspondent à l'ensemble des ressources, matérielles ou non, qui sont rivales et non-exclusives, car ils peuvent être dégradés par leur consommation. L’image des communs naturels, comme les pâturages ou les forêts permet d’en cerner les principaux enjeux. Ainsi, l’usage d’un bien commun conduit à sa destruction, dès lors se pose la question de sa régulation.

    En sociologie, les biens communs correspondent davantage à une gestion collective de biens matériels ou immatériels.

    Jean-Louis Bancel a tenu à rappeler le caractère mouvant, novateur et donc moteur des biens communs, « partout dans le monde s’inventent et se réinventent des formes d’action directe pour créer, préserver ou accéder à des biens et des services en « communs » ».

    Il s’agit aussi bien de ressources naturelles que de ressources immatérielles. Logiciels et semences libres, habitat collectif, jardins partagés, monnaies locales citoyennes, énergie décentralisée, communautés de logiciels ouverts, espaces communs de travail, … Ce sont autant de façons d’articuler innovations technologiques et besoins humains par et pour des citoyens concernés par des objectifs d’équité, de vision de long terme, de coopération et de partage des ressources. Ces formes de solidarité et de réciprocité, de propriété et de gouvernance collectives battent au rythme des transformations technologiques, démographiques, écologiques, de la mondialisation. Elles font écho au concept d’économie sociale et solidaire.

    Vers des biens mis en commun ?

    Avec la notion de communs, Jean-Louis Bancel a voulu rappeler l’importance pour notre secteur de l’ESS de ne pas se focaliser uniquement sur le capital et de se reconnecter avec son histoire. Il nous a invité à réfléchir au nouvel horizon qu’ouvrirait un engagement sur les biens mis en commun.

    Les réserves impartageables, héritage du secteur et profond marqueur de leur non-lucrativité pourraient ainsi avoir une nouvelle fonction : celle d’être des « biens communs », au service d’un objet social défini par les membres de la structure.

    Face à la rétractation du champ d’intervention des pouvoirs et opérateurs publics, il est de plus en plus fréquent de solliciter des entrepreneurs sociaux ou des structures de l’économie sociale et solidaire pour mettre en œuvre des politiques d’intérêt général, en leur confiant la gestion de biens communs.

    Ainsi, les acteurs des « communs » partagent des valeurs et des méthodes avec l’économie sociale et solidaire. Pour construire une société plus démocratique et solidaire, l’économie sociale et solidaire met aussi en mouvement des citoyens dans des actions grâce à leur implication en les mobilisant grâce aux moyens économiques, sociaux et culturels, qu’ils mettent en œuvre en commun, dans des entreprises originales, coopératives, mutuelles, associations essentiellement fondées sur les personnes.



    [1] Article « L’économie Sociale et solidaire, des biens de mains mortes aux biens communs », Jean-Louis Bancel

  • L'avenir des systèmes de santé

    En tant que grand témoin du 41ème congrès, Joël de Rosnay, scientifique, prospectiviste, conférencier international et visionnaire de renommée mondiale nous livre dans cet article ses « visions du futur ».

    La transition des systèmes de santé dans laquelle nous sommes engagés se fonde sur trois aspects : scientifique, technique et humain. Ils nous conduisent à ce que l'on appelle la médecine 4P pour : personnalisée, préventive, participative et prédictive.

    Les progrès concernant la génétique et maintenant l'épigénétique sont considérables. L'épigénétique, c'est la modulation de l'expression des gènes par le comportement. Ces évolutions résultent notamment de l'association entre biotechnologie et numérique, en donnant naissance aux NBIC (nano, bio, info et cogno technologies).

    Par exemple, les nanobiotechnologies jouent un rôle déterminant dans le développement de capteurs qui permettent de transformer un signal biologique en un signal numérique, transmis par internet, envoyé à un médecin ou stocké dans le Big Data.

    Nous ne sommes donc plus désormais à l'aube de la révolution numérique, mais pleinement dedans. Il est temps de considérer qu'Internet fusionne dans un écosystème numérique. On ne va plus sur Internet, on est dans Internet.

     

     « Nous devenons, face aux problèmes de santé, des patients augmentés, ou éclairés. Des hommes et des femmes qui prennent une plus grande responsabilité dans leur capacité à gérer leur normalité, plutôt que leur maladie »

     

    Des patients augmentés

    JDR2Cet écosystème numérique fait que nous sommes devenus des hommes et des femmes augmentés. Nous disposons sur nous d’ordinateurs 100.000 fois plus puissants que ceux qui ont envoyé un homme sur la Lune. Ce sont les smartphones. Et ces ordinateurs hyper puissants nous confèrent des propriétés sensorielles et de communication que nous n'avions pas en naissant. Nous devenons, face aux problèmes de santé, des patients augmentés, ou éclairés. Des hommes et des femmes qui prennent une plus grande responsabilité dans leur capacité à gérer leur normalité, plutôt que leur maladie. Nous disposons désormais de moyens de comprendre comment on peut se maintenir en bonne santé et pas seulement de se faire traiter quand on est malade.

    Le système classique de soins, dont nous sommes en train de sortir, nous fait passer d'une médecine de type curatif à une médecine de type préventif, permettant d'aider les gens à prendre connaissance et soin de leur corps avec des moyens naturels, comme la nutrition équilibrée, l'exercice, la méditation et la gestion du stress. Devenus des patients augmentés, ils sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans la prise en charge de leur santé. Ces possibilités nouvelles, accessibles à chacun, engendrent une révolution dans la manière de se soigner. Il y a évidemment un risque à ce que ces patients augmentés, communiquent de plus en plus par les réseaux sociaux sur les médicaments à la mode ou sur telle vitamine ou tel supplément alimentaire. Ce qui peut conduire à une cybermédecine, s'appuyant sur un autodiagnostic. Avec un autre risque : que les gens achètent sur Internet des produits contrefaits.

    La remise en cause du système de santé traditionnel

    Ces nouvelles pratiques constituent un ensemble qu'il est nécessaire de comprendre et de gérer pour que cette transition soit pertinente et équitable, dans le respect des personnes et des libertés individuelles. Une telle évolution conduit à la nécessité de mettre en œuvre des nouveaux modèles de santé, qui auront un impact important pour les laboratoires.

    On s’oriente vers la remise en cause du système de santé traditionnel. Un médecin est appelé en consultation ; il détecte les symptômes d’une affection ; il rédige une ordonnance qui prescrit des médicaments ; avec cette ordonnance, le patient se rend dans une pharmacie pour acheter des médicaments remboursés par la Sécurité Sociale ; le laboratoire fait un bénéfice sur la marge entre le coût de production et le prix du médicament de vente en pharmacie. Par contre ce que le médecin ne sait pas c'est ce que devient le patient. Il peut prendre ses médicaments ou les arrêter au bout de quelques jours. Il peut avoir des effets secondaires qui n'ont pas été détectés au cours de la phase d’essais cliniques. Il n’y a plus aucun suivi, alors qu’Internet est aujourd'hui un monde de suivi, d'abonnement, de personnalisation.

    Pour les opérateurs de télécoms, c'est l'abonnement qui compte, un paiement régulier qui constitue une rente. Pour Microsoft, ses logiciels et ses licences, il en va de même. Or l'industrie pharmaceutique, malgré l’essor du numérique, est en dehors de ce monde. Aujourd'hui elle réalise la totalité de  ses marges sur des produits remboursés par l'Assurance Maladie.

    D'où l'importance du niveau de remboursement, du rôle de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des classements pour des produits décrétés thérapeutiquement valables. Or 50 % à 80 % des produits remboursés sont souvent des me-too products[1].

     

     « Les laboratoires ont l'opportunité de se transformer en opérateurs de santé générant des revenus par une combinaison de services et de produits curatifs, préventifs, prédictifs et participatifs »

     

    Vers un Programme de Maintenance de la Santé ?

    JDRCe modèle classique à l'envers, qu'est-ce qui peut le remplacer ? En fait nous avons déjà la réponse. Comme évoqué en introduction nous avons  assisté ces dernières années à la   naissance d'un nouveau modèle de santé grâce à l'épigénétique et à des dispositifs d'évaluation définis dans le  concept de la médecine 4P.

    L'épigénétique ouvre la voie à une prévention quantifiable. On peut donc désormais « faire quelque chose pour soi », permettant de se maintenir  dans le meilleur état de santé possible et le mesurer  avec les trackers et biocapteurs de la e-santé ou « santé connectée ».

    Nous pouvons surtout y parvenir au travers d'un programme que j’appelle le PMS, ou Programme de Maintenance de la Santé.

    Par comparaison, la maintenance d'une voiture peut se faire à distance, en faisant varier quelques éléments fondamentaux de son programme informatique interne. Or, contrairement à une automobile, notre corps ne bénéficie pas d'une maintenance régulière personnalisée. Nous nous  limitons à une auto maintenance. Par exemple en faisant attention à ce que nous mangeons, en achetant des produits bio, en évitant de consommer trop de graisses, en faisant du sport ou du yoga. Mais par contre nous ne bénéficions d’aucune  maintenance assistée par des professionnels à  travers un Programme de Maintenance de la Santé. Un tel programme pourrait résulter par exemple, de l'association entre une grande entreprise  pharmaceutique et une compagnie d'assurance.

    Le développement de ce Programme de Maintenance de la Santé, qu'on serait prêt à payer comme on le fait pour une assurance, constitue une opportunité stratégique majeure pour la grande industrie pharmaceutique, si elle le comprend et s’y adapte.

    Les laboratoires ont l'opportunité de se transformer en opérateurs de santé  générant des revenus par une combinaison de services et de produits curatifs, préventifs, prédictifs et participatifs.

    Il s'agit de faire en sorte que les gens se sentent suivis de manière personnalisée. Moins de médicaments, plus de suivi. Et surtout, au plan commercial, le remplacement de la marge par la rente. Evidemment, l'impact de ce changement pour l'industrie pharmaceutique sera considérable.  Ils pourront devenir des opérateurs de santé développant des Programmes multidimensionnels de Maintenance de la Santé, à la fois préventifs et participatifs. C'est-à-dire proches des gens, leur permettant de mieux se connaître et d'agir de manière optimale pour leur santé.

    Cette transition des systèmes de santé, dans laquelle nous sommes engagés, peut ouvrir des perspectives positives pour tous. Mais nous devons aussi rester vigilants. Nous allons vers une désintermédiation, et une « ubérisation » des systèmes de santé. Ce qui présente un risque  pour la pharmacie, le médecin traditionnel et les laboratoires pharmaceutiques. C'est un vaste et déterminant chantier que d'agir pour éviter ce risque.

    Des propositions constructives ont déjà été déjà faites, notamment par la FEHAP ou le Cercle des Décideurs Numérique et Santé. Nous devons continuer à agir dans ce sens.

     

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    [1] Désigne un médicament commercialisé dans le même segment thérapeutique porteur qu’une innovation majeure et qui ne s’en différencie que peu. 

  • Anticiper les innovations de demain

    Frédéric Bizard, expert reconnu du secteur de la santé, a tout d’abord dressé un état des lieux du système de santé et de la protection sociale en France.

    Le diagnostic qui s’impose à nous est d’autant plus difficile qu’il est paradoxal selon lui puisqu’il permet de dresser deux tableaux ambivalents de la situation : un « tableau rose » et un « tableau noir ».

    Une crise multiforme

    Tout d’abord, la crise que connaît le système est la plus grave depuis sa fondation et présente plusieurs visages.

    En premier lieu, le système de santé et de protection sociale français est en proie à une crise d’efficacité mise en lumière par un manque d’efficacité allocative et productive, c’est-à-dire une allocation des ressources et une organisation non optimales.

    Le système de santé français connaît un déclin alors même que les dépenses en santé s’avèrent plus élevées en France que dans les autres pays de l’OCDE. Si notre système de santé français est essentiellement centré sur l’hôpital et sur le soin, cette approche, qui a pu s’avérer gagnante au vingtième siècle, doit être repensée  au XXIème siècle. Il faut aller vers une approche globale de la santé (et non simplement du soin) et une organisation centrée sur l'usager (donc à dominante ambulatoire).

    « Il faut investir dans l'humain pour rendre les personnes capables de rester en bonne santé »

    bizard PSS

     Trois variables illustrent bien ce manque d'efficacité : la mortalité prématurée, l’espérance de vie sans incapacité et les inégalités sociales, variables qui sont peu  favorables à la France, en comparaison avec les autres pays de l’Union Européenne.

     En second lieu, nous assistons à une crise du financement du système de santé français. Les comptes sociaux ne sont pas équilibrés et cet objectif semble hors  d'atteinte en l'état du système. Bien que nous ayons conscience qu’il nous faille évoluer vers un financement mixte, le système actuel reste basé sur les revenus  du travail. Le sous-financement du système de santé français le rend trop dépendant de la conjoncture économique.

     En outre, la gouvernance de notre système de santé est en crise. Selon Frédéric Bizard, « il n’y a pas de pilote dans l’avion, l’Etat a repris la main sans vision ».  C’est d’ailleurs ce qui a été initié avec l’installation des Agences régionales de l’hospitalisation (ARH) puis des Agences régionales de santé (ARS) mais selon lui,  il s’agit d’une « étatisation sans vision » car les dernières lois santé n’insufflent pas de véritable stratégie. On a affaibli la démocratie sanitaire, sans la remplacer  par une alternative étatique efficace.

     Enfin, nous enregistrons également une crise de confiance. Nous bénéficions d’un système partenarial entre toutes les parties unique au monde, qui suppose  toutefois une confiance entre tous les acteurs.

    Compte tenu des difficultés que traverse notre système, la confiance s’amenuise et chaque acteur rejette la responsabilité sur d’autres pour expliquer les  faiblesses du système. Plus globalement, notre société actuelle est davantage basée sur la défiance, ce qui résulte certainement du modèle corporatiste,  morcelé et non universel de notre modèle de protection sociale. Cette crise de confiance est prégnante, les Français semblent pessimistes sur l’avenir du  système de santé et les salariés du secteur de la santé, qui représentent deux millions de personnes, le ressentent au quotidien.

    Des perspectives

    Néanmoins, « un tableau rose » peut se dessiner puisque nous n’avons jamais disposé d’autant de ressources matérielles et financières, de nouvelles technologies thérapeutiques et de ressources humaines (médicales, paramédicales, sociales, etc.) aussi bien formées.  Si en 1960, la santé représentait 3,5% du produit intérieur brut (PIB), aujourd’hui, ce chiffre atteint 11%.

    Il ne s’agirait donc pas d’un problème de ressources mais bien d’une mauvaise adéquation du système pour utiliser ces ressources. Selon Frédéric Bizard, cela résulte d’un manque de réforme structurelle  par les derniers gouvernements, où l’on n'a fait que gérer (le déclin) en colmatant les brèches.

    Quel modèle de protection sociale pour la France ? Tout l’enjeu réside alors dans la capacité de trouver un consensus sur des grands principes et une orientation pérenne au sein de la société, ce qui nécessite un débat démocratique.

    « Nous n’avons jamais eu autant de nouvelles technologies thérapeutiques et de ressources humaines aussi bien formées »

    Quelles pistes pour demain ?

    Tout d’abord, Il faut passer d'une approche soin à une approche santé, c'est une évolution de stratégie. Selon Frédéric Bizard, les déterminants de l’état de santé d’une population se répartissent de la manière suivante : 20 % dépend du système de soins, 40% du développement économique et social, 30% des comportements individuels et 10% de l’environnement. Le système de soins serait donc un déterminant minoritaire.

    Pour ce faire, les deux axes à suivre sont, d’une part, le maintien en bonne santé et le meilleur soin au meilleur coût (notion d'efficience). Une politique de maintien en bonne santé  va au-delà du simple principe de prévention, elle permet de repousser l’âge de l’entrée dans le système de soins, et, d’autre part, l’intégration de la santé au cœur de toutes les politiques publiques. Le deuxième axe d'efficience est indispensable pour un accès à une innovation pour tous.

    Ensuite, il est indispensable de favoriser les innovations. Pour cela, les innovations doivent être valorisées au juste prix, favoriser la concurrence et faire preuve d’innovation sociale et politique, en intégrant la santé dans toutes les politiques publiques.

     

    Concrètement, quelles mises en pratique ?

    Frédéric Bizard a également délivré des exemples concrets pour illustrer son propos. À titre d’exemple, il a cité la possibilité de dupliquer ce qui a d’ores et déjà été réalisé en cancérologie à l’ensemble des pathologies, notamment la mise en place d’un contrat patient (cf. le programme personnalisé de soins) qui précise les objectifs à atteindre dans la prise en charge thérapeutique du patient avec la garantie d’avoir une stratégie préalablement déterminée.

    Autre exemple, la nécessité de réviser les ordonnances de 1958 qui ont créé les centres hospitalo-universitaires (CHU) et les médecins à temps plein hospitalo-universitaires, afin de valoriser la médecine générale en créant des centres ambulatoires universitaires (CAU). Enfin, une révision des modèles hospitaliers français est selon lui indispensable car ils ne sont plus adaptés à la réalité clinique.

     

    Synthèse réalisée par Noémie Leclaire, Chargée de mission

     

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